La crise du 6 février 1934 : la République face à la rue

Clément Morancho
16 min de lecture

Que s’est-il passé le 6 février 1934 ? Cette manifestation antiparlementaire qui a tourné à l’émeute a été un séisme politique, au point d’être considérée comme une tentative de coup d’État fasciste et de mener à la constitution du Front Populaire. Cet évènement devait ainsi se répercuter sur la suite des années 1930 et continuer de produire des effets pendant la guerre.

La France en crise

Une crise économique, une impuissance politique

Dès 1931, la France est touchée par les effets de la Grande Dépression mondiale. La crise économique affecte progressivement l’ensemble des secteurs de l’économie, notamment l’agriculture et l’industrie, tout en fragilisant les finances publiques. Le chômage augmente également, contraignant l’État à intervenir pour soutenir les finances municipales, mises en difficulté par l’augmentation des dépenses d’assistance.

Sur le plan politique, les élections législatives de 1932 sont remportées par la gauche, principalement par la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et le Parti radical. Cette victoire s’explique par le discrédit de la droite, accusée d’avoir subi la crise économique sans parvenir à y répondre efficacement, tandis que le Parti radical bénéficie d’une image de modernité et de défense des valeurs républicaines. Les radicaux gouvernent alors seuls, en s’appuyant sur le soutien des socialistes pour disposer d’une majorité à la Chambre des députés.

Cependant, le Parti radical poursuit une politique de déflation budgétaire héritée des gouvernements précédents, fondée sur la réduction des dépenses publiques et la recherche de l’équilibre financier. Cette orientation entre en contradiction avec les attentes des socialistes, qui souhaitent une politique de relance destinée à soutenir la consommation populaire. La tension entre les deux forces de gauche provoque une forte instabilité gouvernementale : quatre gouvernements tombent en dix-huit mois, principalement en raison de l’opposition socialiste aux mesures d’économies budgétaires. En novembre 1933, Camille Chautemps est chargé de former le cinquième gouvernement de la législature, alors que cette succession de crises ministérielles renforce les critiques contre le fonctionnement des institutions de la Troisième République.

Le scandale Stavisky et la montée des tensions

Dans ce contexte de crise économique et d’impuissance politique, un nouveau scandale financier éclate : l’affaire Stavisky. À la fin de l’année 1933, le directeur du Crédit municipal de Bayonne est arrêté pour fraude et pour avoir émis de faux bons au porteur. L’enquête révèle rapidement qu’il n’est qu’un intermédiaire dans un système organisé par Alexandre Stavisky, qui repose sur une vaste escroquerie financière de type pyramidal. Stavisky est un escroc professionnel, déjà connu de la justice pour de nombreuses affaires. Après la découverte de la fraude, il prend la fuite et se réfugie à Chamonix. Le 8 janvier 1934, la police le retrouve mourant dans son chalet. La thèse officielle du suicide provoque immédiatement de nombreuses suspicions : la presse de droite évoque un Stavisky « suicidé », tandis que Le Canard enchaîné ironise en titrant : « Stavisky se suicide d’un coup de revolver qui lui a été tiré à bout portant ».

L’enquête révèle également que Stavisky a bénéficié de protections politiques lui permettant d’échapper durablement à la justice, notamment grâce à de multiples reports de son procès. Le gouvernement de Camille Chautemps se retrouve alors fragilisé : de nombreuses manifestations éclatent en janvier 1934, le ministre des Colonies est mis en cause et le beau-frère de Chautemps est également impliqué dans l’affaire. Finalement, le président du Conseil démissionne le 27 janvier 1934, après les révélations mettant en cause le ministre de la Justice, Eugène Raynaldy. La presse de droite et d’extrême droite s’empare du scandale : la première l’utilise pour attaquer la majorité au pouvoir, tandis que la seconde s’en sert pour dénoncer l’ensemble du régime parlementaire et la Troisième République. Une partie de la droite espère alors qu’une nouvelle crise politique permettra, comme en 1926, la formation d’un gouvernement d’Union nationale et son retour au pouvoir après sa défaite électorale de 1932.

Le président de la République, Albert Lebrun, décide alors de nommer Édouard Daladier à la présidence du Conseil. Celui-ci doit faire face à des appels à manifester le jour même où il doit demander la confiance de la Chambre des députés, le 6 février 1934. Il tente d’abord de désamorcer la crise en s’appuyant sur le préfet de police de Paris, Jean Chiappe, afin d’éviter une alliance entre les associations d’anciens combattants et les ligues d’extrême droite. Malgré la médiation réussie de Chiappe, Daladier décide finalement de le remplacer, officiellement en raison des critiques visant l’action de la police dans l’affaire Stavisky. Il lui propose en contrepartie le poste prestigieux de résident général au Maroc, mais Chiappe refuse cette nomination.

La révocation de Chiappe provoque une vive réaction de la droite, qui appréciait ce préfet pour sa fermeté face aux manifestations communistes et son attitude jugée conciliante envers les ligues nationalistes. La presse nationaliste appelle alors à manifester contre son départ, tandis que l’Union nationale des combattants (UNC), qui avait initialement accepté de ne pas participer aux rassemblements, revient sur sa décision et rejoint la mobilisation du 6 février 1934. Le discours antiparlementaire trouve ainsi un terrain favorable, alimenté par l’incapacité du Parlement à résoudre la crise économique, l’instabilité gouvernementale et la succession des scandales politico-financiers.

La soirée du 6 février 1934

Les protagonistes

« L'Action française », une du 7 janvier 1934. (1934, 7 janvier) Bibliothèque en ligne Gallica.© L’Action française / La bibliothèque en ligne Gallica
La soirée du 6 février 1934 met en présence plusieurs protagonistes aux objectifs et aux idéologies différentes.

L’Action française, mouvement royaliste fondé à la fin du XIXe siècle, est la plus ancienne des ligues d’extrême droite. Son principal dirigeant, Charles Maurras, théorise la restauration de la monarchie par un « coup de force » mené par une minorité militante, que ses partisans appellent à « abattre la gueuse », c’est-à-dire la République. Il imagine l’instauration d’une « dictature royaliste », un pouvoir de transition chargé d’éliminer les adversaires de la monarchie avant l’établissement d’un régime royal conforme à ses idées. L’Action française se caractérise également par un antisémitisme virulent et un profond antiparlementarisme. Au début de l’année 1934, elle organise plusieurs manifestations autour du slogan « À bas les voleurs ». Dans son édition du 6 février 1934, son journal appelle à manifester devant la Chambre des députés. Elle dispose également d’une organisation militante, les Camelots du roi, qui n’hésitent pas à recourir à la violence physique et verbale. Le 6 février, l’objectif de l’Action française est donc clairement de profiter de la crise pour déstabiliser la République.

Un autre protagoniste est la Solidarité française, mouvement créé en 1933 par l’industriel François Coty. Son objectif est de constituer un grand mouvement populaire capable de porter un programme de réforme de l’État, un thème particulièrement présent dans les débats politiques de l’entre-deux-guerres. Le mouvement possède également une organisation de type paramilitaire.

Les Jeunesses patriotes constituent une autre ligue récente. Fondées en 1924 par le député Pierre Taittinger comme section de jeunesse de la Ligue des Patriotes, elles s’en détachent en 1926. Elles s’inspirent en partie du fascisme italien dans leur organisation et cherchent à s’intégrer au système politique en recrutant plusieurs parlementaires parmi leurs membres. Le 6 février 1934, plusieurs dirigeants des Jeunesses patriotes, dont Pierre Taittinger, d’Andigné et des Isnards, occupent des fonctions d’élus municipaux à Paris.

Les Croix-de-feu, fondées en 1927 comme une association regroupant les anciens combattants décorés pour faits de bravoure, deviennent progressivement une ligue politique sous la direction du lieutenant-colonel en retraite François de La Rocque. Celui-ci élargit le recrutement au-delà des seuls anciens combattants en modifiant les conditions d’adhésion et transforme l’organisation en un mouvement structuré, disposant d’une dimension paramilitaire avec des défilés et des rassemblements organisés dans les rues de Paris.

Les associations d’anciens combattants jouent également un rôle important dans la mobilisation. L’Union nationale des combattants (UNC) souhaite se rendre au palais de l’Élysée afin de remettre au président de la République une pétition demandant que toute la lumière soit faite sur les scandales politico-financiers et qu’une épuration du personnel politique impliqué soit menée.

Un dernier acteur se distingue cependant des autres : l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), proche du Parti communiste. Contrairement aux ligues d’extrême droite et aux associations d’anciens combattants mobilisées contre la corruption du régime, l’ARAC appelle ses adhérents à défiler sur les Champs-Élysées avec une revendication opposée : l’arrestation immédiate du préfet de police Jean Chiappe.

L’émeute

Dès 16 heures, la place de la Concorde commence à se remplir de manifestants. La circulation des bus et du métro se poursuit pourtant, tandis que le jardin des Tuileries reste ouvert, permettant aux manifestants de prendre position à proximité du lieu de rassemblement. Les forces de l’ordre se trouvent dans une situation particulièrement complexe, qualifiée de « salade russe » : plusieurs unités sont chargées du maintien de l’ordre, notamment la garde républicaine, la garde mobile, la gendarmerie et les gardiens de la paix. De plus, le nouveau préfet de police nommé après le départ de Jean Chiappe, Adrien Bonnefoy-Sibour, vient tout juste de prendre ses fonctions et reconnaît lui-même son manque d’expérience en matière de maintien de l’ordre.

Les premières tensions apparaissent dès 17 heures. Le barrage policier est pris pour cible par des jets de projectiles, tandis que certains manifestants utilisent le mobilier urbain pour édifier des barricades sur la place de la Concorde. Des émeutiers incendient un autobus et détruisent les becs de gaz de la place, qui reste éclairée toute la soirée par les flammes des incendies. Face à la pression croissante, les forces de l’ordre tentent de disperser la foule grâce à des charges de la garde républicaine à cheval. Cependant, les manifestants reviennent après chaque intervention, certains essayant même de blesser les chevaux en leur coupant les jarrets à l’aide de lames de rasoir.

De l’autre côté de la Seine, le colonel de La Rocque conduit les Croix-de-feu dans une mobilisation distincte. Leur mouvement déborde le dispositif policier et atteint l’esplanade des Invalides, située à proximité du Palais Bourbon, siège de la Chambre des députés. Toutefois, lorsqu’il apprend la gravité des affrontements place de la Concorde, La Rocque renonce à engager une action directe et ordonne à ses militants de se disperser, alors qu’une intervention contre les institutions républicaines aurait pu être envisagée.

Sur la place de la Concorde, le premier coup de feu, dont l’origine demeure encore discutée, retentit vers 19 heures. Les forces de l’ordre procèdent alors à plusieurs sommations de dispersion, qui restent sans effet. Entre 19 h 30 et 20 heures, une nouvelle poussée des manifestants tente de franchir le dispositif policier afin de se diriger vers le Palais Bourbon. Les émeutiers parviennent à repousser les forces de l’ordre jusqu’au milieu du pont de la Concorde. Face à cette situation, certains policiers et gardiens de la paix estiment être en situation de légitime défense et ouvrent le feu sur la foule. Aucun ordre explicite de tirer n’a été donné par la hiérarchie, mais le préfet de police avait demandé de défendre « à tout prix » l’accès au Palais Bourbon.

Pendant ce temps, au Palais Bourbon, Édouard Daladier est soumis à une forte pression politique. Plusieurs demandes de vote de confiance sont déposées et une délégation d’élus municipaux parisiens se rend à la Chambre pour lui demander de se retirer au profit d’un gouvernement d’union nationale. La séance des députés devient extrêmement tendue au fur et à mesure que les informations sur les affrontements parviennent dans l’hémicycle. Daladier est notamment interpellé par des députés de droite qui cherchent à savoir si les tirs des forces de l’ordre résultent d’un ordre donné de tirer sur les manifestants.
Les forces de l’ordre face à la foule. (05 février 1934). Photographie de presse de l’Agence de presse Meurisse / La bibliothèque en ligne Gallica© Agence de presse Meurisse / Bibliothèque nationale de France / Domaine public
Après les premiers tirs, la foule recule, mais les manifestants continuent d’occuper la place de la Concorde. Certains émeutiers parviennent à forcer les portes du ministère de la Marine, où ils tentent de déclencher un incendie.

Vers 20 h 45, la manifestation des anciens combattants arrive à son tour sur la place de la Concorde. Cette arrivée provoque une accalmie temporaire. La colonne se retire ensuite en direction des Grands Boulevards, mais elle emprunte des rues interdites par les forces de l’ordre, ce qui entraîne des affrontements au cours desquels plusieurs anciens combattants sont frappés à coups de matraque. À 22 heures, la manifestation des anciens combattants revient toutefois sur la place de la Concorde, renforcée par une foule plus nombreuse et plus agressive.

L’émeute se caractérise alors par une grande hétérogénéité des participants. Les mobilisations de l’Union nationale des combattants (UNC), de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) et des ligues d’extrême droite sont officiellement distinctes, mais elles se confondent progressivement en raison de leur proximité géographique et de leur déroulement simultané. Selon Laurent Bonnevay, président de la commission d’enquête parlementaire chargée d’étudier les événements du 6 février 1934, l’organisation des manifestations et leur synchronisation posent la question d’une éventuelle coordination entre les ligues, voire d’un assaut préparé contre les institutions républicaines.

Les forces de l’ordre doivent alors faire face à une nouvelle tentative de franchissement du barrage établi sur le pont de la Concorde. Jusqu’à une heure avancée de la nuit, les émeutiers continuent d’attaquer des forces de l’ordre épuisées, qui comptent de nombreux blessés.

Vers minuit, les autorités décident de mettre fin aux affrontements et ordonnent l’évacuation de la place de la Concorde par la force. Les ligues d’extrême droite, qui pensaient affronter un pouvoir politique affaibli, découvrent alors qu’elles deviennent à leur tour la cible des forces de l’ordre et subissent des charges, des coups de sabre et des tirs.

Le bilan humain de l’émeute est lourd : 15 morts, dont 14 manifestants et un membre des forces de l’ordre, ainsi que 1 435 blessés légers. Les membres de l’Action française, de la Solidarité française et des Jeunesses patriotes figurent parmi les principales victimes, même si plusieurs personnes tuées ou blessées ne sont affiliées à aucune organisation politique.

Les suites de l'événement

Une République ébranlée

Dans la nuit du 6 au 7 février 1934, le président du Conseil Édouard Daladier semble avoir réussi à conserver le contrôle de la situation : il obtient à trois reprises la confiance de la Chambre des députés avec de larges majorités et affirme son intention de résister à la pression de la rue. Cependant, au cours de la nuit, la cellule de crise du gouvernement écarte plusieurs mesures envisagées. L’armée refuse de proclamer l’état de siège, considérant que Paris ne peut être assimilée à une place de guerre, tandis que la Justice refuse d’ouvrir une information pour complot contre la sûreté de l’État, le procureur général estimant que les éléments disponibles ne permettent pas de justifier une telle procédure. Dans un climat de forte tension, certains participants à la réunion évoquent même la possibilité d’utiliser des chars. Malgré l’opposition majoritaire à cette proposition, un régiment blindé reçoit finalement l’ordre de se diriger vers Saint-Cloud. La démission de Daladier le lendemain empêche cependant la mise en œuvre de ces mesures.

Le 7 février, Daladier envisage encore de rester au pouvoir et fait rédiger une proclamation destinée à être affichée dans les rues et publiée par la presse. Celle-ci dénonce une tentative de coup d’État menée par des « factieux ». Pourtant, sa position devient progressivement intenable. Des renseignements indiquent tout d’abord que plusieurs armureries ont été pillées durant la nuit et que certains groupes se préparent à reprendre l’action avec une violence accrue. Par ailleurs, plusieurs de ses ministres lui conseillent de démissionner. Cette recommandation est également formulée par le président de la République Albert Lebrun, par Fernand Bouisson, président de la Chambre des députés, ainsi que par Édouard Herriot, président du groupe parlementaire radical, qui estiment que le gouvernement ne pourra plus faire face à la rue lors d’une nouvelle séance parlementaire. Le président du Sénat, Jules Jeanneney, ne réclame pas explicitement la démission, mais ne propose pas non plus de solution permettant de sortir de la crise.

Léon Blum est alors le seul parlementaire à encourager Daladier à résister, tout en refusant cependant toute prorogation des Chambres, que Daladier juge nécessaire pour empêcher une victoire de la rue. Finalement, le président du Conseil renonce. Il estime que le seul moyen de se maintenir au pouvoir serait de faire intervenir l’armée contre les manifestants, une solution qu’il refuse d’assumer. Il démissionne donc le 7 février 1934. C’est la première fois dans l’histoire de la Troisième République qu’un gouvernement tombe sous la pression directe d’une mobilisation de rue.

Le 9 février 1934, le Parti communiste français organise une contre-manifestation place de la République. Celle-ci dégénère rapidement en affrontements avec les forces de l’ordre, provoquant la mort de neuf personnes. Quelques jours plus tard, le 12 février 1934, les socialistes et les communistes organisent chacun une manifestation à Paris. Les deux cortèges finissent par se rejoindre, symbolisant un premier rapprochement entre les deux mouvements après des années de divisions. Cette dynamique d’unité d’action contribue progressivement au rapprochement entre socialistes et communistes, qui aboutira en 1936 à la formation du Front populaire.

L’ancien président de la République Gaston Doumergue est alors sollicité par télégramme par des élus de la Seine et contacté par téléphone par Pierre Laval. Il accepte de former un gouvernement d’Union nationale. Le scénario espéré par une partie de la droite se réalise : profitant de la crise politique et de la mobilisation des ligues, elle retrouve une place centrale dans le pouvoir. Le gouvernement rassemble des radicaux représentant la gauche républicaine, des personnalités issues de la droite parlementaire et marque la première expérience ministérielle de Philippe Pétain, nommé ministre de la Guerre.

La portée du 6 février 1934

La crise du 6 février 1934 contribue à radicaliser une partie de la droite française. C’est notamment le cas de certains militants de l’Action française, comme Robert Brasillach. Déçue par l’inaction des dirigeants du mouvement lors de la soirée du 6 février, une partie de cette jeune génération se détourne progressivement du monarchisme maurrassien pour se rapprocher des idées fascistes.

Pour cette droite radicalisée, l’instauration de l’État français en juillet 1940 et la disparition de la Troisième République prennent la dimension d’une revanche historique sur les événements du 6 février 1934 et sur la victoire du Front populaire en 1936. Plusieurs anciens acteurs ou sympathisants de cette mobilisation occupent alors des positions importantes sous le régime de Vichy. Ainsi, l’ancien préfet de police Jean Chiappe est nommé gouverneur général du Levant en 1940. Louis Darquier de Pellepoix, membre de l’Action française, président de l’association des victimes du 6 février et antisémite militant, devient commissaire général aux Questions juives en 1942.

Sous le régime de Vichy, les anciens participants aux manifestations du 6 février bénéficient d’une forme de réseau de solidarité et d’entre-soi, au point d’être parfois décrits comme une véritable « mafia » : appartenir à ce milieu constitue un signe de reconnaissance et peut faciliter l’obtention d’un emploi ou d’une recommandation.
Affiche éditée par le Centre de propagande des républicains nationaux à la suite des émeutes du 6 février 1934. (1934, 6 février). La bibliothèque en ligne Gallica© Auteur inconnu / La bibliothèque en ligne Gallica / Domaine public

Conclusion

La crise du 6 février 1934 aboutit à la même conclusion que la crise financière de 1926 : un renversement de majorité au profit de la droite, qui retrouve le pouvoir deux ans après avoir perdu les élections. La principale priorité du gouvernement mené par Doumergue est de mener la réforme de l’Etat.
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