Comment des dizaines de milliers de déportés ont-ils pu être contraints de marcher jusqu'à la mort alors que la Seconde Guerre mondiale touchait à sa fin ?
Le contexte militaire de l'hiver 1944-1945 : pourquoi les nazis évacuent les camps ?
Après cette attaque, le Reichsführer-SS (chef absolu SS) Heinrich HIMMLER, décide alors de faire évacuer tous les prisonniers des camps et sous-camps de concentration sur le front de l'Est. Dans un premier temps, les évacuations se firent par trains et bateaux, mais avec l’avancée des Alliés qui gagnèrent de plus en plus de terrain, les SS prirent la décision d’évacuer de force les prisonniers à pied.
Cette phase avait pour but principal d’empêcher la libération des détenus par les Alliés afin qu’ils ne puissent pas témoigner des crimes que le IIIème Reich leur avait fait subir : faim organisée, travaux forcés jusqu'à l'épuisement, violences physiques, humiliations, tortures, chambres à gaz, expériences médicales, etc…
De plus, les nazis souhaitaient également conserver une main-d’œuvre forcée jusqu'aux derniers jours de la guerre.
Les conditions des marches : faim, froid, violences, exécutions
Un nombre inconsidérable de détenus ont été maltraités et tués par centaines lors de ces marches. Les gardes SS avaient reçu pour consigne de tuer quiconque ne pouvait plus avancer, qu’il soit malade ou bien épuisé. Les laissant morts sur le bord des routes à la vue de tous.
Ces évacuations étaient organisées dans des conditions délibérément meurtrières et furent retenus comme crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, lors des procès d'après-guerre.
La mémoire de ces événements
« Tous ceux qui étaient à l’arrière de la file, qui ne marchaient pas assez vite, ou qui n’arrivaient pas à suivre, automatiquement ils les abattaient à coups de mitraillettes. »
Il laisse derrière lui son frère aîné qui était dans une infirmerie de fortune du camp, pensant qu’il pourrait se cacher et s’enfuir. Seulement, c’est après plusieurs jours de marches qu’il apprend que les patients de cet hôpital dont faisait partie son frère, avaient été abandonnés à leur sort sans soin ni nourriture et sans eau ni électricité.
André s’en sort après sa fuite lors d’une fusillade d’extermination organisée par les SS en pleine forêt. Il trouve refuge chez une famille de fermiers polonais qui le cache et lui offre le gîte et le couvert. Peu de temps après, les soldats soviétiques arrivent à la ferme et il sera pris en charge par les médecins militaires quelques jours après, afin de soigner ses gelures du deuxième degré aux pieds.
En revenant en France, la réalité des camps et des marches de la mort était encore largement méconnue pour les Français. Ce n’est que lorsque les médias finirent par en parler, que les gens prirent enfin conscience de ce que les déportés avaient subi.
Le bilan
La « Solution finale », politique d'extermination systématique orchestrée par le régime nazi, a coûté la vie à près de six millions de Juifs d'Europe. En quelques années, près des deux tiers de la population juive européenne furent assassinés, faisant de ce génocide le cœur de la Shoah.


